Nous devons bâtir une mutuelle moderne et juste

Actualités santé

Très chère mutuelle
Alors que le prix des cotisations s’envole, les mutuelles sont pointées du doigt.
Jean-Marie Robert, président d’ACORIS Mutuelles, remet les pendules à l’heure.

La hausse des cotisations est souvent imputée aux mutuelles, particulièrement critiquées quant à leurs frais de gestion.
Qu’en est-il réellement ?

Jean-Marie Robert JMR. Chez ACORIS Mutuelles, 80 % des cotisations nettes des adhérents leurs sont reversées en remboursements de soins, et 20 % couvrent nos frais de gestion. Ces frais correspondent aux charges nécessaires à notre fonctionnement et financent essentiellement nos frais de personnel. Contrairement aux idées reçues, ils ne servent pas notre profit. Comme toutes les mutuelles, nous sommes une entreprise privée à but non lucratif. Nous n’avons pas d’actionnaire à rétribuer et nous ne générons ni déficit, ni bénéfice. Nous ne sommes pas responsables de l’augmentation des cotisations, même si je comprends la réaction des adhérents, pour qui le prix est de plus en plus lourd.

Alors, comment expliquez-vous cette hausse ?
J.-M. R. Elle est principalement liée à l’augmentation des dépenses de santé. Depuis l’entrée en vigueur du « 100 % santé », les soins dentaires ont bondi de 40 % et ceux de l’audiologie de 130 %. Or, comme les mutuelles ne fonctionnent que grâce aux cotisations de leurs adhérents, elles ont dû ajuster leurs tarifs pour continuer d’assurer leur mission. Le « 100 % santé » offre un accès plus équitable aux soins mais ces soins ne sont pas totalement gratuits pour l’adhérent. En réalité, il les finance en grande partie via ses cotisations et les taxes qui pèsent sur elles.

De quelles taxes s’agit-il exactement ?
J.-M. R. L’État fait supporter aux mutuelles une taxe de 13,27 % sur chaque cotisation. Cette taxe, nous sommes contraints de la répercuter sur la cotisation des adhérents pour garantir notre équilibre financier, par ailleurs exigé et contrôlé par la législation. Face à cela et à l’augmentation des dépenses, nous sommes pieds et poings liés. C’est profondément injuste, en particulier pour les plus âgés. Tandis que leur retraite est fixe, leurs cotisations augmentent et peuvent atteindre jusqu’à 20 % de leurs revenus.

Que proposez-vous pour réduire les cotisations ?
J.-M. R. Il est impératif d’établir des conventions avec les professionnels de santé et les pouvoirs publics pour maîtriser les prescriptions et alléger les charges qui pèsent sur les mutuelles et donc sur les adhérents. C’est le système tout entier qu’il faut réinventer. Nous devons bâtir une mutuelle moderne et juste, tout en revenant à son fondement : la solidarité intergénérationnelle, où la cotisation est la même pour tous, indépendamment de l’âge. Pour lutter contre la désinformation, il doit aussi y avoir une prise de conscience collective. Chacun doit s’interroger sur ses cotisations et exiger plus de transparence. Nous avons tous un rôle à jouer. Ce n’est pas une utopie mais un challenge, et c’est ensemble que nous le relèverons.

Agence Séquane.

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